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Relations interculturelles dans les villes du Maghreb colonial : peut-on parler de solidarités ? (2004)

Abstract
Système ségrégationniste et inégalitaire fondé sur la supériorité économique, politique et culturelle, la société coloniale a développé un modèle très ambigu du rapport à l’Autre. Effet d’un cosmopolitisme tronqué, la relation entre colonisateurs et colonisés n’a jamais pu s’établir sur une base saine susceptible de favoriser les attitudes solidaires. La présence française au Maghreb entre 1830 et 1962 s’inscrit tout particulièrement dans ce contexte : collectivement, indigènes et autochtones n’ont jamais été élevés à un statut suffisamment digne pour induire des germes de solidarités instituées. Pourtant, individuellement, des solidarités interculturelles ont pu exister. Rares, furtives, imparfaites, si elles ne sont guère représentatives de l’état de la société coloniale, ces bribes de solidarité invitent à une approche plus nuancée du cosmopolitisme issu de la colonisation et mettent en évidence des comportements singuliers dépassant le cadre d’un système de relations verrouillé. Dans le cadre de micro-espaces, à l’échelle de l’immeuble, de la rue, du quartier, les discours généraux ont laissé parfois place à des formes d’entraide, de convivialité délaissant pour un temps le respect des appartenances et des origines. Ces solidarités n’ont pas dépassé le stade de la relation d’individu à individu, de famille à famille : circonstancielles, elles ont été amplifiées par les mémoires et

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Publisher ADAM édition
Repository Revues.org - Fédération de revues scientifiques en sciences humaines et sociales (France)
Type Text
Language French