| Avant-propos (2004) | |||||||||||||
Abstract | |||||||||||||
| “Qu’est-ce qu’un événement ? Est-ce un fait quelconque ? Non pas ! C’est un fait notable”, observe Anatole France (Le Jardin d’Epicure ). Pour Pierre Larousse, c’est un “fait excitant”. François Guizot précise : “Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes, et ceux-là mêmes qui semblent l’ouvrage d’un accident, d’un individu, d’intérêts particuliers ou de quelque circonstance extérieure ont des sources bien plus profondes et une bien autre portée” (Essai sur l’histoire de France). Ces “faits notables”, que les chercheurs positivistes voulaient établir avec précision, englobés ensuite sous la péjorative étiquette d’ “histoire événementielle”, ont été longtemps écartés du champ scientifique noble. L’événement fait aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation, mais à certaines conditions. Maurice Rostand rappelle à juste titre : “Raconter les événements, c’est faire connaître l’opéra par le livret seulement” (Chroniques). Il appartient à l’historien d’amener la musique, c’est-à-dire le contexte, la mise en perspective, l’ouverture et la coda. L’événement ainsi compris devient la trame de l’histoire et du raisonnement historique. L’analyse des enchaînements, des continuités et des ruptures doit s’appuyer sur une connaissance précise des faits. Georges Duby conseillait à ses jeunes disciples pressés de théoriser, de commencer par lire l’ | |||||||||||||
Publication details | |||||||||||||
| |||||||||||||